novembre 21

Je thésaurise mes bitcoins et vous ne pouvez rien y faire

Cette publication est une traduction inspirée du texte original de Daniel Krawisz que vous pouvez trouver ici. https://nakamotoinstitute.org/mempool/im-hoarding-bitcoins-and-no-you-cant-have-any/

Ah les holdeurs ! Ils n’utilisent pas leurs bitcoins, préférant les thésauriser en attendant que leurs prix montent. Si personne ne dépense ses bitcoins, aucun commerce n’acceptera la cryptomonnaie et cela formera un cercle vicieux pour le protocole. Il faut trouver des mécanismes pour inciter les holdeurs à dépenser ses bitcoins !

Ces fils de pensées ne sont pas vraiment corrects, et Daniel va nous l’expliquer.

Les holdeurs apportent de la valeur à Bitcoin

La capitalisation totale de Bitcoin n’est pas seulement utile pour rendre quelques bitcoiners riches. Elle est nécessaire pour rendre Bitcoin suffisamment mature pour devenir un véritable outil d’échange. En effet, quelques milliards de capitalisations permet à des particuliers, des investisseurs d’échanger quelques bitcoins de manière régulière. Mais elle ne permet pas aux principaux fonds d’investissement d’en acquérir de grande quantité pour leurs clients ni de faire des transactions à plusieurs centaines de millions de dollars de manière régulière. Pour cela, Bitcoin doit atteindre une capitalisation bien plus importante.

Ce qui permet à Bitcoin de prendre de la valeur dans le temps, ce sont ses détenteurs. En effet, le prix n’est influencé par une forte demande que lors des “bullrun”, où Bitcoin est extrêmement exposé. Le reste du temps, c’est plutôt l’offre (les vendeurs) qui fixent les prix. Les phases d’euphories passagères permettent de voir des plus hauts et de renforcer Bitcoin, mais ce sont ceux qui rachètent ou qui les HODL dans les creux, qui portent et défendent réellement Bitcoin.

Pourquoi utiliser Bitcoin pour faire ses courses ?

Payer par ligthning network au bar ou pour faire ses courses, ça laisse assez rêveur. C’est d’ailleurs une remarque régulière contre Bitcoin. : “C’est du virtuel, ça ne vaut rien et personne ne peut l’utiliser !”. Pourtant, il existe aujourd’hui une partie des bitcoiners qui acceptent Bitcoin comme moyen de paiement.

Il existe plusieurs types de marchands acceptant Bitcoin :

  • Ils acceptent Bitcoin et l’Euro et revendent immédiatement les bitcoins reçus.
  • Ils acceptent Bitcoin et l’Euro, en conservant les bitcoins reçus.
  • Ils n’acceptent que le Bitcoin.

Aujourd’hui, l’achat de biens ou de services par Bitcoin reste marginal. Cette action est généralement portée par une volonté de rendre service au marchand ou de contribuer à l’évolution de Bitcoin. Néanmoins, est-ce réellement intéressant pour Bitcoin ?

Dans le premier cas observé, il n’est pas vraiment intéressant de donner des bitcoins au marchand. Ce serait équivalent à vendre vos bitcoins au trader/service qui lui les rachèteras. Pour le deuxième cas, sauf en cas de ristournes pour les bitcoiners, il n’y a pas vraiment d’incitation à utiliser Bitcoin. C’est plutôt un encouragement de la part des clients, en donnant une monnaie dure au marchand. Dans le dernier cas (qui reste extrêmement rare), c’est une partie des fondations de l’hyperbitcoinization !

L’avarice et Bitcoin

Caractéristique de l’avarice : Aversion à la perte: perdre de l’argent, ou simplement l’éventualité d’en perdre.

L’avarice est un des 7 péchés capitaux et la thésaurisation qui en découle peut être néfaste pour une économie. Comment peut-on dire que la thésaurisation peut-être bonne pour Bitcoin ?

Bitcoin est encore jeune, même s’il n’est plus autant fragile. Les thésauriseurs contribuent à le protéger, alors qu’il n’est pas forcément nécessaire de l’utiliser dans notre quotidien aujourd’hui. Évidement, Bitcoin peut être vu comme un Ponzi, une théorie autoréalisatrice qui s’effondrera quand tout le monde comprendra la supercherie.

Mais ceux qui pensent de cette manière ont beaucoup à apprendre de Bitcoin. Bitcoin évolue beaucoup, nul ne pourrait définir son évolution dans 10 ans (à moins de travailler sur cette évolution). Un des récits autour de Bitcoin est de justement apprendre à dépenser en conscience, contre ceux de la société de consommation. On ne peut le réduire à un jeton doré doté d’une “numbers-go-up technology”.

Bref, je thésaurise mes bitcoins : peut être par avarice (ou cupidité), peut être pars-que je crois à Bitcoin. C’est une liberté qu’offre Bitcoin, qui n’est pas permise par des monnaies soumises à l’inflation ou fondante et je compte en profiter.


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